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L’Échevine des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles Marion Lemesre sur Make.Brussels

Marion Lemesre, Échevine des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles, revient sur le projet Make.Brussels, les difficultés rencontrées par les commerçants du centre-ville et le besoin de remettre de la couleur dans le centre de Bruxelles.

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Comment définiriez- vous en quelques mots le projet Make.Brussels?

Faire appel aux talents citoyens pour booster le commerce bruxellois du centre-ville et renforcer l’identité de chacun des quartiers définis par le projet.

Pouvez-vous nous dire ce qu’en pensent les associations de commerçants?

On n’est pas dans une configuration positive. Les associations de commerçants en ce moment sont blessées, elles répercutent les revendications de commerçants qui ne vont pas bien. Certains vont mieux que d’autres, mais tous ne le disent pas. Un commerçant dit rarement que ça marche. La critique la plus dure qui m’a été faite, c’était place Sainte-Catherine. On m’a dit : « il est joli le ballon de football que vous nous donnez, mais vous avez abîmé le terrain ». C’est dur. Donc les projets qu’on apporte ont l’air de beaux ballons de football mais on leur a clairement abîmé le terrain. C’est une critique que moi, évidemment, je prends dans le ventre, d’autant qu’ils n’ont pas tout à fait tort. On travaille avec des gens blessés.

Quels projets, ou quel type de projets, rêveriez vous de voir se réaliser dans le cadre de Make.Brussels? Qu’est-ce qui selon vous manque le plus à Bruxelles ?

Renforcer les liens entre les quartiers, les passages, baliser, mieux fleurir. Je ne sais pas si c’est à cause des attentats, mais en ce moment j’ai envie de fleurs. Et quand j’ai vu des jardiniers planter des tulipes, des jacinthes, alors que l’air était encore chargé d’émotions… ça sentait bon… je leur ai dit merci. C’est de ça dont on a besoin, de beauté. Je pense que le centre ville doit être embelli par tous les moyens : par des fleurs, par une amélioration de la qualité de l’espace public. La propreté et la sécurité sont aussi importantes ; quand on entend les reproches faits au piétonnier, c’est ce qui est cité en premier.

Vous avez dans le passé occupé le poste d’Échevin de la Culture, et le projet ‘Make Brussels’ s’adresse entre autres au secteur créatif et événementiel. Que ces secteurs peuvent-ils s’apporter mutuellement?

Je crois qu’il faut décloisonner. La culture peut être commerciale et le commerce peut être culturel. Ce ne sont pas deux mondes qui s’opposent. Dans certains milieux, on regarde les commerçants comme des gens avec un esprit de lucre, tandis que de l’autre côté on parle des ‘zozos cultureux’. Je pense que les deux doivent pouvoir se rencontrer, participer au développement de la ville. Le développement économique est aussi porteur de développement spirituel et intellectuel. Il faut arrêter de cloisonner et faire se rencontrer les genres. Un jour, un échevin du Commerce m’a dit : « ce que je n’aime pas avec les commerçants, c’est que je les trouve trop mercantiles ». C’était amusant pour quelqu’un dans sa position. Moi, je n’ai pas de problèmes avec les gens qui font de l’argent : s’ils font de l’argent ça veut dire qu’ils vendent quelque chose pour lequel il y a un besoin. C’est l’offre et la demande. Si tout ça est honnête et participe au progrès, et que ça se passe dans le cadre d’un respect mutuel, que c’est équitable et respectueux de la planète, je ne vois pas où est le problème. Le commerce est quelque chose de propre. Ce n’est pas sale.

Quel message est-ce que vous donneriez à une personne ou un collectif qui souhaiterait déposer un projet, mais qui ne saurait pas trop par où commencer?

Vérifie bien tes partenariats et ne porte pas le projet seul. Aussi et surtout, trouve un ancrage, une authenticité, une légitimité et n’essaie pas de plaquer ton projet sur un quartier. Essaie de l’ancrer dans le quartier, de lui trouver des racines et des connections. Beaucoup d’opérateurs d’événements voient une place et se disent « oui, je prends ». Moi je leur dis non, une place ne se prend pas. Si tu veux occuper cet espace, tu dois le gagner, au point qu’on te demande de venir l’investir.

Vous ne ferez pas partie du jury lors du marathon créatif final. Quels sont néanmoins les critères sur lesquels vous jugeriez personnellement les projets, et qu’est ce qui, pour vous, ferait la différence?

Eh bien, c’est certainement la bonne intégration du projet dans le tissu social, commerçant et la réalité du quartier. Maintenant il ne faut pas se limiter non plus, et ajouter de l’innovation. Il faut pouvoir bousculer les pots de fleurs ! Et bousculer un peu les mentalités, y compris celles des commerçants. Mais avant tout, je serais attentive à la bonne intégration et à la plus-value d’un projet pour le quartier. Quand on me demande d’installer quelque chose dans l’espace public, je demande toujours : qu’est-ce que ça apporte ? Vous voulez vendre des hot-dogs là par exemple, mais est ce qu’on a besoin de vos hot-dogs ? Vous allez faire de la concurrence aux commerces qui paient leurs impôts à l’année, qui ont des terrasses, quelle sera la plus-value de votre présence à cet endroit-là ? Il faut donc réfléchir à ce que le commerce va apporter de plus au quartier.

Et si vous pouviez vous même déposer un projet ? Quel serait-il ?

Un projet autour des fleurs… Plus de couleurs, plus de fleurs. Peut-être que c’est ce dont on a besoin maintenant, à cause de la tristesse des évènements récents… Un besoin de couleurs et de fleurs.

Vous avez jusqu’au 5 mai pour soumettre votre idée pour Bruxelles sur la plateforme de Make.Brussels.

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