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Le directeur d’Atrium.Brussels explique Make.Brussels

Au cours d’une interview de fond, le directeur d’Atrium.Brussels, Arnaud Texier, évoque son enthousiasme pour Make.Brussels, une action qui met autant le citoyen que la communauté créative de Bruxelles au travail. Il nous explique pourquoi il est temps de faire des usagers de Bruxelles des ambassadeurs de leur ville. 

Pourriez-vous nous dire comment est venue l’idée de Make.Brussels?

Depuis novembre dernier, le centre-ville a été plus qu’impacté par le lockdown instauré par les autorités suite aux attentats de Paris. Le Ministre de l’Economie Didier Gosuin nous a demandé ce que l’on pouvait faire et comment on pouvait agir, dans le cadre de nos compétences. On s’est rapidement dit qu’il fallait inviter les citoyens à agir : on ne leur avait pas beaucoup donné la parole dernièrement et ils seraient pourtant les mieux placés pour révéler l’identité de leurs quartiers.D’une part, ceux qui en sont conscients allaient participer à la valorisation de cette identité et d’autre part, peut-être que ca amènerait ceux qui n’en ont pas conscience à se dire « tiens, mais c’est quoi ces dix quartiers commerçants ? »Selon nous, venir avec une proposition de crowdsourcing nous permettait de rentrer dans une logique de communication inclusive en amont des projets. On a beau se plaindre du « Brussels Bashing » mais entre le lockdown, le piétonnier et les problèmes de tunnels, il faut dire qu’on fait vraiment tout pour que ce soit le cas… Après, je ne connais pas de ville qui ne fait pas face à ce type de problèmes. Le souci c’est la manière dont on communique dessus.

En quoi Make.Brussels diffère d’un simple appel à projets?

L’approche de Make.Brussels, c’est le signal positif dès le début de la campagne : « Joignez-vous à nous !» On est tous d’accord pour dire que Bruxelles est une ville créative mais on ne fait vraiment pas assez intervenir ce secteur dans la ville. C’est sincèrement dommage. Quand on regarde toutes les initiatives en terme d’attractivité du territoire qui sont faites dans les villes étrangères, la première chose c’est aller chercher des directeurs artistiques, des gestionnaires de projets particuliers. On associe le secteur créatif et la population pour créer un sentiment d’appropriation et faire de la population des ambassadeurs. Et donc voilà comment nous est venue l’idée d’un appel à projets qui viennent renforcer les identités des dix quartiers commerçants tout en stimulant une riche communauté à Bruxelles. C’est une idée qui est née très très vite d’ailleurs, dans la tête de notre service de communication : je les remercie sincèrement, ce n’était pas évident.

Quel est l’objectif principal de Make.Brussels ?

Lutter contre le sport national qui est ce désamour de Bruxelles. Moi qui ne suis pas du tout Bruxellois, qui ne suis même pas Belge, j’ai toujours l’impression que ce sont les étrangers qui parlent le mieux de Bruxelles. Je pense que c’est Arno qui disait « On se plait à détester Bruxelles ». Certes, Bruxelles n’est pas une ville simple à saisir ou simple à aimer, mais il y a un moment où il faut arrêter : c’est une ville où on est bien. C’est une ville qui regorge de ressources sous-utilisées. Et ça il faut aussi le mettre en avant. C’est une ville où il y a encore plein de choses à inventer. Notre objectif c’est ça : réconcilier les usagers avec Bruxelles. Il y a finalement peu de raisons qu’il y ait ce désamour.

L’importance portée au secteur créatif dans le contexte de Make.Brussels est non négligeable… Selon vous, celui-ci est-il un moteur clef dans la redynamisation d’une économie locale ?

Absolument. On mise dessus. Non seulement parce qu’il vient parfois avec des méthodes innovantes et une lecture nouvelle des problèmes, mais aussi parce qu’on serait idiot de ne pas faire intervenir un secteur riche et bien présent. Ce n’est pas comme si on avait un vide immense au niveau du secteur créatif de la région : c’est une force immense de Bruxelles, pourquoi ne pas la solliciter ? C’est les bases du marketing vous savez: on active les points forts d’un produit !

Make.Brussels cherche réellement à sensibiliser le citoyen à reprendre un rôle actif dans sa ville… C’est un challenge important quand on sait que le Bruxellois a quelque peu perdu son enthousiasme pour la ville, surtout dernièrement.

Effectivement. Très tôt dans la réflexion, dès que nous nous sommes fait débriefer sur le lockdown en fait, je me suis rendu compte à quel point il était important d’inviter les usagers à rentrer dans une action citoyenne. Je me suis dit qu’on devrait engager les clients à consommer ici, qu’autrement toute la structure économique serait mise en danger. Et quand les citoyens sont habitués à être associés à la ville et son futur, ils sont très facilement convertis en participants, en ambassadeurs. Pour l’instant on en est très loin. Aujourd’hui les citoyens sont plutôt désengagés de leur ville. Et ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas, ou plus, de préoccupations citoyennes. Elles existent en marge, dans une autre boucle que la boucle administrative et politique de la ville. Et c’est dommage.

Make.Brussels est en soi une campagne de communication non ? Ou va-t-on au delà du simple message à faire passer?

Je pense qu’on va au delà d’une simple campagne de communication : ce qui m’importe ce n’est pas de communiquer pour communiquer, mais de communiquer sur quelque chose de concret. Et on a quelque chose de concret dès le départ avec l’activation du secteur créatif. On a aussi quelque chose de concret avec la mise en place d’une plateforme de participation. Et c’est un point important, car ici, sans le peuple, on ne fait rien. L’intention est réellement de mettre les usagers au travail, tant dans la phase proposition de projet que dans la phase de vote. Je trouve qu’on va au delà d’une simple campagne de communication : il y aura tout de même dix projets qui verront le jour. Et ce qui m’intéresse aussi c’est qu’on trouvera peut-être, grâce à cette approche participative, une nouvelle manière de gérer les projets pour la ville.

Pourriez-vous nous parler des différentes phases de la campagne?

Pour faire simple, je dirais que c’est avant tout un appel à idées dont l’objectif est de proposer un projet qui va révéler l’identité des 10 quartiers commerçants. J’appellerais cette phase SUBMIT. Cet appel à projets sera soumis au vote du public (la phase VOTE), donc on est là dans une démarche hyper participative. Ensuite il y aura une phase de curation avec le marathon créatif (PROTOTYPE, du 27 au 29 mai) où on va éprouver les 30 projets sélectionnés par le public pour en choisir un par quartier, dix au total. Ces dix projets seront ensuite réalisés (MAKE, du 1er juin au 31 décembre).

La marathon, que s’y passera-t-il?

Durant le marathon créatif, les porteurs de projet vont être entourés d’une équipe de coachs pour challenger le porteur de projet et son idée afin de s’assurer que la personne a bien exprimé celle-ci. Ensuite, les coachs seront également là pour leur rappeler des problématiques de terrain, pour les faire bénéficier de leur vécu et de leurs expériences, pour réfléchir à l’opérationnel, au budgétaire. On travaillera également sur la manière de présenter les projets : c’est important de s’assurer que les projets sauront être attractifs. Au final ce marathon reste une compétition! 

A terme, qu’est ce qui vous fera considérer le projet comme un succès une fois celui-ci achevé?

D’une part qu’il serve à communiquer positivement sur Bruxelles. Ça fera du bien. D’autre part, qu’on puisse réconcilier les secteurs: commerçants, usagers, créatifs. Troisièmement, la réalisation de dix projets en moins de sept mois sera aussi, pour moi, un succès. Pour Atrium, la réussite sera de voir si on ne tient pas un nouveau mode opératoire de gestion de projets dans la ville. Un modèle plus moderne, plus flexible, plus rassembleur et donc plus efficace.

Vous avez jusqu’au 5 mai pour soumettre votre idée pour Bruxelles sur la plateforme de Make.Brussels

 

 

 

 

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