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Les ambassadeurs #04: Paul Dujardin (Bozar) veut créer des connexions entre les différents districts de la ville

Avant toute chose, Paul Dujardin, CEO et directeur artistique du Bozar, souhaite que le centre-ville soit relié au reste de Bruxelles. Il nous explique pourquoi la Ville a besoin d’un nouvel élan.

 

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Le centre-ville connaît beaucoup de difficultés en ce moment. Selon vous, quels sont ses plus grands défis aujourd’hui?

Le plus grand défi reste quand même la mobilité. Pendant des années les voitures étaient omniprésentes dans le centre-ville. Dans les années ’50 et ’60 les trains, les voitures et les avions (vous vous souvenez du bâtiment Sabena ?) se rassemblaient tous autour du ‘Carrefour de l’Europe’, ce qui était toute la zone devant la Gare Centrale. À ce moment-là, le ‘Carrefour de l’Europe’ était littéralement une aire de parking, station d’essence incluse. Aujourd’hui la question de comment gérer les voitures et les ‘park & rides’ est devenue encore plus urgente, vu les coûts de restauration des tunnels et viaducs. Victor Horta, l’architecte du Bozar et de la Gare Centrale, était visionnaire. Il faisait un lien direct entre la mobilité et la vie publique. Ce qui est crucial dans une ville cosmopolite comme Bruxelles, c’est de faire le pont entre le pôle national et le pôle international. Suivant l’exemple de Cologne et de Bordeaux, Bruxelles devrait investir dans un transport en commun de haute qualité, qui est utilisé par toutes sortes de gens.

 

Selon vous, qu’est-ce qui symbolise le quartier du Mont des Arts?

Le Mont des Arts est un espace de culture et de représentation. Le quartier possède la plus forte concentration d’institutions culturelles à Bruxelles. L’ASBL « Mont des Arts » chapeaute et réunit 16 lieux et intervenants-clefs du quartier. Ceux-ci offrent un mélange d’histoire et d’art, d’héritage culturel, ainsi que des arts vivants. Néanmoins, le Mont des Arts n’est pas devenu un tombeau du passé et une « simple » glorification de l’état belge, ce qui était l’idée de départ de Léopold II. Le quartier a toujours été, en premier lieu, un laboratoire d’expérimentation. SQUARE est un lieu de débat sur toutes sortes de sujets. Le BOZAR, sorte de ville dans une ville, s’est donné pour mission de devenir une agora à la frontière de la culture et de la société. Le Mont des Arts est un carrefour entre la Belgique et l’Europe, entre le bas et le haut de la Ville. C’est impossible d’ignorer la métamorphose du district pendant la dernière décennie, avec tous les projets de rénovation et les nouveaux lieux. L’interaction entre toutes ces institutions et l’espace public comme le parc Royal et la galerie Ravenstein doit encore être explorée.

 

Quel nouveau type de projets faut-il selon vous développer dans le quartier ?

On doit relier la ville. Le Bozar a ses passages directs vers ses voisins : SQUARE, la Cinematek et le Palais du Coudenberg. On est en proche dialogue avec Fortis Paribas pour son nouveau siège social : un monument architectural ambitieux. Les trois axes de la Ville se croisent au Mont des Arts : la connexion avec le Palais de Justice et les nombreuses galeries alentours, la connexion avec le Quartier Européen et le parc du Cinquantenaire, et la connexion avec la zone du Canal : Tour & Taxis, le MIMA, Citroën, Wiels, P.A.R.T.S., … Tout ça met Bruxelles sur la carte culturelle mondiale. Pour les visiteurs, et surtout les piétonniers, ces axes ne sont pas, à ce jour, assez visibles. Un centre d’Histoire européenne dans le Parc Léopold, ensemble avec le Parlementarium, capitaliserait finalement le potentiel touristique de Bruxelles, capitale de l’Europe. Il faudrait également plus de synergies entre les institutions du Mont des Arts, le Cinquantenaire et les institutions culturelles des deux côtés du Canal.

 

Si vous deviez vous-même proposer un projet, que serait-il ?

Je proposerais de mettre l’accent sur les connexions entre les districts différents, pas seulement avec un service de mobilité convenable mais aussi avec du contenu. Mes collègues et moi travaillons sur des projets ambitieux, avec Horizon 2020 entre autres. Bruxelles 2000, c’est le passé. La ville a besoin d’un nouvel élan.

 

Qu’est-ce qu’un projet comme Make.Brussels peut accomplir selon vous ?

Que les gens soient conscients qu’il y a des preneurs de décision qui sont prêts à collaborer. Qu’il y a de la responsabilité citoyenne. Et surtout, qu’il y a des gens qui sont fiers de faire partie de Bruxelles.

 

Proposez vous aussi votre projet sur Make.Brussels pour le 5 mai, et gagnez jusqu’à 30.000 euros pour le réaliser.

 

 

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