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Les ambassadeurs #03: À travers Hunting et Collecting, Aude et Niels se battent pour Bruxelles depuis six ans

Les fondateurs du concept store pionnier du quartier Dansaert, Hunting et Collecting, ne mâchent pas leurs mots sur ce dont leur quartier a besoin. Entretien critique mais constructif.

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Le centre-ville connaît actuellement de nombreuses difficultés. Selon vous, quels sont les plus grands défis aujourd’hui ?

Ce qu’on a vu se passer ces dernier temps dans la ville, c’est un vrai scénario catastrophe. La situation était déjà fragile. Là, elle est pour ainsi dire détruite et tout ça est arrivé en très peu de temps. C’est presque difficile d’imaginer à quel point les choses ont mal tourné. Les personnes qui ont eu la charge du piétonnier ne sont vraiment pas qualifié pour leur boulot et devraient être démis de leurs fonctions. Nous avons besoin d’une administration avec une véritable envie de proposer des projets créatifs et progressifs. Des projets qui ont une attractivité globale, au lieu de ce folklore provincial démodé qui n’a pas d’intérêt pour une ville contemporaine. Le centre-ville donne l’impression d’être un vieux jean usé, au-delà de toute réparation : recousu d’un côté, il se déchire de l’autre, et on arrive au point où recoudre encore ne sert plus à rien…Ce qui est crucial c’est de ramener des gens, des résidents mais aussi des commerces dans le centre. Limiter les entreprises multinationales et les chaines dans leur installation est aussi une manière de garder une certaine authenticité. On ne veut pas que Bruxelles ressemble à n’importe quelle ville globalisée, et ça, c’est aussi un défi auquel on doit faire face.

 

Qu’est-ce qui symbolise le quartier Dansaert selon vous ?

Ce quartier est le noyau, l’épicentre, la fondation de la ville. C’est ici que les choses se passent : on y trouve les bars, les restaurants, les musées, les théâtres, …

 

Quel nouveau type de projet faut-il selon vous développer dans le quartier ?

Il faut des projets qui fassent à nouveau du quartier un endroit convivial et aussi des projets qui renforcent ses connections. Il faut que le quartier devienne plus propre, plus vert, plus sain en quelque sorte. Venir et se déplacer ici devrait être facilité. Là on a l’impression que c’est tout le contraire. Avec la boutique on est parti de zéro et on en a construit un projet à la mesure d’une capitale. Le magasin est devenu une destination en soi, qui fait honneur à la ville. On a mis énormément d’efforts pour contribuer à faire de Bruxelles une chouette ville, à rendre le centre plus vivant, mais pourquoi ? Notre travail est en train d’être saboté par la ville-même dans laquelle on travaille. Avec Hunting and Collecting, on a tissé une réputation internationale, et notre plus grand ennemi n’est pas la concurrence, mais notre propre pays et notre gouvernement local. Ils détruisent tout.

 

Si vous deviez vous-même proposer un projet, quel serait-il ?

Des projets qui rendent le quartier encore plus vivant, qui donnent aux gens un sentiment positif, un sentiment de bonheur. Des projets qui l’embellissent. Avant tout, il faut de la structure : du nettoyage et des projets durables, des choses construites dans le temps. Si le socle, le terreau sur lequel se réalisent les idées est faible ou même pourri, ça ne fonctionnera jamais. L’endroit est vraiment abîmé, il a besoin d’une réparation en profondeur.

 

Qu’est-ce qu’un projet comme Make.Brussels peut accomplir selon vous ?

On espère que ce projet fera appel à des créatifs qui ont de l’expérience, qui sont réellement compétents, qui ont déjà su faire bouger la ville avec succès. Ce sont aussi des gens qui ne sont pas impliqués dans les affaires politiques.

 

Proposez votre projet sur Make.Brussels pour le 5 mai, et gagnez jusqu’à 30.000 euros pour le réaliser.

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